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30.11.2007

Question de cours

Qu'est ce qu'un pouvoir autoritaire? C'est un régime qui n'est pas encore une dictature, qui ne le deviendra peut-être jamais, mais qui n'est plus tout à fait une démocratie et qui n'est plus vraiment une république.Un régime où il y a un homme fort, le plus souvent démocratiquement élu, donc légitime, appuyé par une majorité silencieuse et obéissante, avec un gouvernement de serviteurs qui sont de bons exécutants, ce qui l'entraîne à exercer le pouvoir de façon solitaire, avec la certitude de l'infaillibilté. Un sytème où tout dépend donc du chef, qui décide, récompense et et punit et qui se construit une tour d'ivoire autour des ministères régaliens, la défense, l'intérieur et la justice.Un régime de monarchie sans trône ni noblesse, avec un monarque visionnaire et quelques conseillers proches, qui ne sont pas élus par le peuple, mais choisis par le monarque, qui ne dépendant que de lui, et ont la main sur les ministres et les ministères: un gouvernement de l'ombre qui ne dépend que du monarque et ne rend compte qu'à lui. Le XXème siècle a donné de bons exemples de ce système, et le XXIème continue dans cette voie. Les pays de l'Est, de l'ESt européen semblent bien entrer dans cette catégorie, avec par exemple la Géorgie et sa dérive, et bien sûr la Russie, qui semble basculer dans une dictature maquillée, avec réappropriation par exemple des richesses nationales, comme le gaz, ou le pétrole ( mais ça, après tout, n'est ce pas une bonne chose, plutôt que de les brader au privé, comme nos autoroutes?), sans parler de la Serbie ou de la Croatie. Plus loin, Chavez peut-être incarne ce type de pouvoir, qui peut - c'est le cas- rester très populaire auprès des "masses populaires" ( Ah, Georges Marchais...) Et la France? Eh bien voilà un bon sujet de réflexion, d'analyse, de méditation: où en sommes-nous? le temps est suspendu.

28.11.2007

Dadu ron ron

Emmener sa mère en voyage est une attention touchante, mieux, un pieux acte d'amour filial. Et quand, en plus, on peut lui chanter quelque chose qui ressemble à l'immortel tube de Johnny, que dire? Donc,Nicolas voyage en famille. Bon, il en manque une, partie vers d'autres cieux, d'autres lieux, ou plutôt d'autres dieux, et, qui sait? d'autres vieux. J'aurais aimé faire ça, emmener maman au boulot. Elle se serait mise au fond de la classe, en tricotant peut-être, de temsp en temps m'aurait regardé, avec ses yeux d'hiver en Cerdagne et son ineffable sourire. Et peut-être le miracle se serait produit, dans le temps suspendu, mes élèves, mécaniciens, électriciens, et autres commerciaux auraient communié un moment dans le charme infini de la bonté maternelle et de la musique des sphères, la poésie que j'ai essayé d'amener, ou d'apporter, je ne sais. Nostalgie et regret. Et retour sur terre. Plus que jamais, notre monde est cassé. L'anesthésiste médiatique Alain Duhamel, brave homme s'il en est, courtois, empathique, poli jusqu'au lisse, dit que la lutte des strates a supplanté la lutte des classes. Paroles, paroles, comme disait notre si chère Dalida, reprenant, sans le savoir peut-être, le "words,words,words" du grand Will de Straford sur Avon. Où tu vas chercher les strates, eh Alain? Et tu sais où tu peux te les mettre? Elles sont là, les classes. Et classe contre classe, il n'y a qu'à voir. Bien sûr, plus au Sud qu'ici dans notre douce France. Mais quand même! Les banlieues brûlent à nouveau ( s'étaient-elles jamais éteintes?), les étudiants contestent ( quand même!), les travailleurs grèvent, pour ceux qui peuvent, ou crèvent, pour les autres. Et en haut, ça se goberge, ça se goinfre, ça se vautre, ça flambe, ça muscule ( Ah les porte-parole de l'Elysée et du gouvernement, c'est pas possible, ils le font exprès, dans la caricature, on peut difficilement aller plus loin, entre le calamistré et l'ondulé! rendez-nous Nadine! Elle profère des horreurs, débite des âneries, enfile des énormités, énonce les pires des insanités de la bourgeoisie confite, mais coupez le son et regardez-la: elle, au moins, elle a ça: quand elle est muette, elle est adorable, merveilleuse, céleste, dans ses tailleurs chers comme une navette spatiale!)
L'autre soir, sur une chaîne qui s'autoproclame "chaîne info" ( ce serait à mourir de rire, presque, si ce n'était pas aussi triste à pleurer), il y avait un conseiller spécial du président, notre Omnitotus . Un certain Soubie. Il officiait sous Giscard, peut-être sous Pompidou, voire sous Thiers ou Louis-Philippe. Etrange.Extra-terrestre. Et cet aplomb phénoménal pour justifier la non moins phénoménale augmentation de Notre Président. Et encore, disait-il, ce n'est pas assez. A ce degré, ce n'est plus de l'admiration, ni même de la courtisanerie ou de la flagornerie. C'est même au delà de l'abnégation. J'hésite entre le fanatisme et le martyre ( mais c'est bien voisin). Avec bien sûr cette inévitable couche de cynisme hypocrite. Qu'est ce que tu vas dire, face lunaire aux djeuns des banlieues, qui ont le choix entre rien au RMI ou beaucoup dans le trafic, quand ils savent comment on peut s'approprier en toute impunité et sous les vivats de la foule aux arènes les richesses de la République. Je m'égare. Je m'agace, surtout. Parce que la Nation part en lambeaux. Parce que je n'ai jamais pu inviter ma mère en voyage officiel. Parce que la Restauration est en marche, et que l'ombre de Charles X accopagne les pas de Nicolas Ier. Alors assistera-t-on au retour des "carbonari"? Gare: Napoléon III se cachait parmi eux, et on sait comment il a confisqué la France!

25.11.2007

à armes égales?

Il paraît que le conflit des transports est terminé. Qu'il n'y a pas de vainqueur ni de vaincu, même si les medias sarkolâtres ( pléonasme?) s'en donnent à qui-mieux-mieux pour louanger L'Omnitotus qui a mis les cheminots à genoux, avant peut-être de les mettre à pied, comme le fit, en d'autres temps et d'autres lieux, la terreur des celtitudes, la Lady M du XXème siècle, à qui Shakespeare n'aurait pas manqué de trouver un rôle aux côtés de l'autre terrible Lady M, la Lady Macbeth des brumes .
Donc, match nul. Vraiment? Et le match s'est-il joué dans les règles? A armes égales? Entre une puissance gouvernementale disposant de toutes les armes, et un mouvement, un remuement populaire montré du doigt, vilipendé, honni, calomnié, mis au ban de la Nation, y avait-il équité ( mot toujours très à la mode) dans le combat? les "gouvernementaux", comme on disait à l'époque "les versaillais", et leurs supplétifs pouvaient faire dans le conflit sans limite: eux ne prennent ni train ni métro, habitent des palais où la lumière est éternelle, ne manquent ni de pain ni de brioche( ah, chère Marie-Antoinette!), ont des lignes de crédit qui se déroulent à l'infini, se servent de leurs hauts salaires comme argent de poche, et roulent en limousine escortés par la nouvelle cavalerie de la garde prétorienne, les motards de la République, trop bonne fille. Alors, toujours à armes égales? Un cheminot - ou n'importe quel travailleur ordinaire - qui fait grève ne perçoit pas son salaire, c'est aussi simple et normal que cela. Et comment tenir, sans salaire, dans un monde où l'argent est la toute-puissance physique et métaphysique? Perdre. Retourner au travail la rage au coeur. L'amertume, la colère, le dégoût. Parfois encore l'espoir. Mais comme on le lit dans un de mes livres de route, Les adages du Midja : " l'espoir fait vivre et rend les fous joyeux". Ainsi, le peuple, tout le peuple, a perdu une bataille. Les Princes en ont gagné une, contre le peuple. On peut sourire au passage devant les oraisons funèbres ( ou les Te Deum, on ne sait pas trop...) des Princes au peuple: " Ma première pensée va aux millions d'usagers..." c'est çà! Il n'y a plus de citoyens. Il y a des usagers. Des usagés. Et on entre alors dans des catégories que les Princes connaissent bien, celles du commerce, de l'outillage, de la marchandise. Et quand elle est usagée, cette marchandise, on la jette, point final. Et au suivant! Pour le prochain combat? à armes égales? Retour à Rome, sous l'Empire, au arènes, dans la fosse aux lions. Un lion contre un chrétien, un taureau contre une barbare, un tigre contre un vieillard, c'est toujours du un contre un. Donc, à armes égales! Mais on a rarement vu , dans le Circus Maximus, un vieillard chenu bouloter tranquillement un tigre égorgé à dents nus ( pauvre vieillard, tout édenté!), devant les faces hilares des spectateurs ravis et le regard gourmand d'un Imperator comblé.

20.11.2007

Grève

J'ai revu Lucien Joyeux-Manant, l'olibrius qui distribue ses petits poèmes manuscrits sur des feuilles volantes, à ses amis de rencontre et de (bonne ) fortune. Il arpentait la grève, échevelé, entre crachin et tramontane. Il plaignait très sincèrement tous ces gens sérieux qui prétendent détenir l'avenir du monde entre leurs mains, et processionnent en psalmodiant: " réforme! réforme! réforme!" entre deux prosternations au veau d'or et aux idoles ébréchées de la "moderne gouvernance". En attendant le départ de la manif, j'ai eu le temps de lire son dernier petit billet. Le voici, tel quel:

Jolie nana gentil matou

Jeanne a un petit chat
Tout doux bien roux
Qui ronronne tout bas
Bijou chouchou
Lorsque Jeanne s’en va
Bisous bisous
En courant ou au pas
Coucou coucou
A l’école au haras
Bottes de caoutchouc
Son cahier dans les bras
Et ses doudous
Le petit chat est là
Joli joujou
Qui se met dans ses pas
Gentil minou
Et voilà c’est pourquoi
mon bout de chou
chante tralalala
blottie contre mon cou

Lucien JOYEUX-MANANT
ENFANTASQUES

19.11.2007

Kominform

Comment peut-on être informé par la télé? C'est pire que la quadrature du cercle ou l'équation du cinquième degré. A moins de comprendre parfaitement l'anglais et d'aller pêcher du côté de la BBC ou de CNN. On est franchement désespéré, totalement interloqué, complètement abasourdi. Même les petites chaînes qui montent, que l'on croyait impartiales, objectives( ah, la naïveté!), deviennent des annexes de La Pravda. Il y a comme une hiérarchie dans cette gigantesque entreprise de désinformation, ou d'information très orientée: en haut, tout en haut, trônant sur son treize heures comme un pape de la Renaissance, le pontifex maximus, le grand pontife, drapé dans sa toge d'indignation usagère, JPP, l'ineffable, le pipeul-peuple, le héraut dela soupe aux choux, le Pic de la Mirandole de nos petites coutumes locales et microlocales, et derrière lui, la cohorte des pontifes et thuriféraires qui officient aux treize heures et vingt heures des grandes chaînes, ou de plus harassante et sisyphéenne manière, en boucle sur les petites chaînes dites "chaînes-infos". Ah, la dégringolade de BFM, depuis l'élection de notre hyper-omni-Caesar. On en vient presque à regarder LCP, la chaîne parlementaire, avec plaisir et délectation, parce qu'au moins la parole y est à peu près équitablement partagée. Et on attend avec inquiétude et résignation la disparition de quelques émissions d'utilité publique, comme N'ayons pas peur des mots: non, ce n'est pas un fantasme, C dans l'air, comme dirait le multicartes très en cour Yves Calvi. Et si Canal, le lieu de l'impertinence, la citadelle des esprits libres capitulait à son tour? Il y a des brèches, avec les interventions martiales de ses hautes instances et la mise au pas de la soeur cadette, i-télé. Tant qu'il y aura Groland, ça ira,comme disait mon aïeul sans-culottes. Mais jusques à quand, Catilina?

18.11.2007

Retraites

Le mot, seul ou conjugué ( "retraite dorée", "retraite de misère", "retraite des parlementaires", "régimes spéciaux de retraites", "retraite des militaires" - sorte d'oxymore géostratégique, propre à décourager les forces armées, et qu'un ministre de la défense avisé - y en a-t-il un, aujourd'hui, dans notre République?- devrait s'empresser de bannir, au profit d'expressions plus martiales, moins attentoires au moral des troupes-), ce mot, donc, est l'un de ceux dont les occurrences se multiplient dans le discours, comme en d'autres temps et dans d'autres discours canoniques, se multiplièrent les poissons et les petits pains. Dans la poésie bucolique d'il n'y a guère, il renvoyait à un lieu retiré, au milieu des bois et des fleurs, près d'un lac ( Rousseau), d'un cours d'eau( Lamartine), d'un clocher ( Chateaubriand), dans une maison à la campagne( ah, le si fameux "Si j'étais riche", du cher Jean-Jacques, que récitaient ou écrivaient sous la dictée les élèves du secondaire, avant la catastrophe, quand l'enseignement du français existait!). Aujourd'hui, ce cliché perdure encore, mais comme un rêve lointain, presque inaccessible. Et le mot qui amenait doucement avec lui les idées de paix, de repos, de rêverie, de promenades, qu'elles fussent solitaires ou non, évoque maintenant systématiquement d'autres idées: l'affrontement, la perte, le désarroi, la régression, l'exclusion, sinon la déchéance. A qui la faute? La société, dira-t-on, et comme elle est bonne fille et a bon dos, elle ne protestera pas, la société. Les vrais fauteurs, eux, se gobergent en pouffant, peut-être, défont brutalement ce que l'histoire a fait lentement et douloureusement, déchirent sauvagement un tissu social si patiemment constitué par la suite des générations, et à quelques-uns, essaient d'entraîner la multitude dans un retour en arrière qu'ils nomment "réforme" ( pourquoi pas, après tout? La sémantique ne fait pas de politique). Et la retraite, sereine, paisible, ce moment où l'être se retrouve face à lui-même, face au destin, face à l'interrogation métaphysique, où son existence prend tout son sens, dans des joies ou des douleurs qui ne sont pas contingentes, cette retraite a cédé face au "problème des retraites" ( tout est problématique, aujourd'hui), où l'être n'est plus qu'un numéro dans une suite, un matricule dans un registre, un atome dans un agrégat, un objet comptable et jetable, alors qu'il était jusqu'alors ( qu'il est toujours, en substance) un sujet unique et infini.

17.11.2007

fin de semaine

c'est la fin de semaine, le moment du temps retrouvé, le moment de l'otium; alors, un poème d'un paysan de Catalogne, pour rêver face au Canigou:
Rafel SOFERT

charrues


Il y a dans mon pays des forêts merveilleuses
Où chevauchent les rêves
Sur de noirs destriers
Des femmes nues muettes
Courent sur l’herbe bleue qui caresse en chantant
Et les ronciers dorés
Ont des odeurs subtiles
Qui soûlent les poètes et affolent les rois

Il a dans mon pays des étangs invisibles où nagent les désirs
Sur des sirènes d’algues
Des fantassins sans ombre
Harassés et hagards s’écroulent en riant
Et les orties dolentes
Se couchent doucement
Sur l’eau qui dort docile au milieu des serpents

Il y a dans mon pays la montagne des dieux
Où grimpent les espoirs
Sur des grands ducs masqués
Des scorpions bavards
Construisent des maisons où habite le vent
Et les gais tamaris
Dessinent à tue tête
L’harmonieuse lenteur des amours des géants

Il y a dans mon pays un village enchanté
Où reposent les fous
Sur des ventres de vierge
Des animaux rieurs
Ecrivent des romans où la mort vient danser
Et la vigne audacieuse
Enlace tendrement
L’enfant qui pleure et le vieillard qui perd le nord

D´Espira,
Un trois de mars 1989

rév/férence

aujourd'hui, l'âne voulait livrer quelques reflexions sur ses congénères blogueurs, et faire un peu de zoologie appliquée à la blogosphère, de l'Umpinus vulgaris au Narcissus débloguant, catégorie où il pourrait se situer. Il préfère essayer de faire lire un intellectuel qu'il révère, et dont il déplore la discrétion, dans ces temps troublés: Emmanuel Todd, répondant aux questions d'un journal syndical enseignant ( double handicap?). Voici la copie: ( cliquez sur le lien bleuté)

16.11.2007

ode à BT

Hier, Bernard Thibault, le très charismatique et très déterminé Secrétaire général de la CGT, était accueilli par Denisot. Brut de décoffrage, jeans et col roulé, il s'était échappé (!) des négociations, des réunions, des AG pour aller faire son devoir médiatique et sa tâche syndicale. Et c'était rafraîchissant, réconfortant, réjouissant. Il est de bon ton de dénigrer les syndicalistes, sous le prétexte qu'ils ne sont pas modernes, ou mieux, qu'ils sont archaïques, voire , comme le dit je ne sais quel ministricule, ringards. Eh bien, BT, même s'il a mal au dos ( et qu'il en a, comme il le disait avec humour en répondant à la très charmante, très talentueuse, et très malicieuse Ariane Massenet, peut-être aussi "plein le dos") a été clair, net, direct, franc , lumineux. Le malin béarnais des ondes, le bon Jean-Michel Apathy, aussi disert, incisif et pertinent qu'à l'accoutumé, a trouvé un interlocuteur pugnace, qui a su expliquer le bien-fondé d'une action revendicative, même si les medias cartonnent à qui mieux-mieux sur les privilèges - ah l'inénarrable, imbuvable , indépassable Jean-Pierre Pernaut et ses misérables commentaires à côté desquels La Pravda des années 50 passerait presque pour du Charlie Hebdo!-.
BT n'est pas un pro de la grève, même s'il sait les organiser. Il a dit toujours dans un sourire que la grève, pour eux, les syndicalistes, c'était des périodes de travail encore plus intenses que d'habitude. Non, cette grève ne s'enlisera pas. Oui, on négocie, et les nuits durant s'il faut. Oui, il y aura des points de convergence. Mais on ne cédera pas sur l'essentiel, la défense de TOUS les salariés Et dans un dernier sourire, avant de retourner "au mail", BT eut ces mots définitifs:" on avait dit qu'on aurait la peau du CNE, c'est fait, on l'a eu" . Pour signifier que le combat ne lui fait pas peur, et ces luttes là, elles ne sont pas toutes perdues d'avance.Comme ça, calmement, sereinement.
Cela en dit long sur la détermination du personnage, sa force tranquille, derrière sa frange de rocker des sixties et ses yeux bleus du surfeur qu'il n'est pas. Salut, Bernard, et garde le cap!

15.11.2007

Rhétorique

Un triste ministre sinistre, lors de sa prise de fonctions, en guise de discours inaugural ( de bienvenue?) eut ces mots définitifs, désormais gravés en lettres de plomb dans le grand bêtisier universel: " je vais dégraisser le mammouth!" "Mammouth toi-même! ", rétorquèrent ses fonctionnaires au funeste personnage. Et la brouille fut si profonde qu'elle fit perdre des élections pourtant gagnées d'avance ( air connu) à son "copain d'avant", l'austère basketteur de Ré, qui depuis remâche son amertume en écrivant d'étranges opuscules, qui, au-delà du pamphlet, ressemblent à de contrites confessions. Et ainsi va la métaphore, souvent animalière ou météorologique, dans le microcosme, comme le disait notre inénarrable Babar, ci-devant "meilleur économiste de France" et vite animalisé lui aussi. On parle ainsi de l'ouragan Dati ( là où elle passe, les tribunaux s'envolent!), de la comète Yade ( jusqu'à quand brillera-t-elle?), du trou noir Kouchner. A tout prendre, tous ces phénomènes ne nous rapprochent-ils pas de l'Apocalypse, avec l'implosion du soleil, qu'il soit Sarkozien ou non?

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