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15.02.2008

NI VILLAGE, NI POESIE

Il n’y a pas si longtemps, c’était dans les débuts de mon parcours bloguant, je m’étais laissé aller à ma grande faiblesse pour les personnages détonnants, et Georges Frêche, c’est le moins qu’on puisse dire, il détonne, il étonne, il tonne.
Et toujours prêt à terrasser le dragon. Ou la dragonne.
En croisade ( laïque) en Catalogne, il s’est livré à ses tirades inimitables qu’on ne peut comparer qu’aux billets de la Grande Armée ou, dans ses bons jours, à certaines rafarinades. Et il a bazooké donc les « tondues » de la libération en les réexpédiant dans le lit d’infamie qu’elles partagèrent avec la soldatesque outre-rhinoise. Elles pouvaient s’estimer heureuse de n’avoir perdu que la mise en pli, dit-il en substance, parce que, en d’autres temps et d’autres lieux, elles auraient perdu tout le reste, devant un bon peloton d’exécution.
Ma foi, il n’est pas sûr que ce soit faux. Mais l’apostrophe est excessive, et pas vraiment féministe.
Et comme on ne va pas polémiquer avec Saint Georges de Septimanie, on va simplement lui susurrer, le plus délicatement du monde, à lui qui est un monstre de culture et d’érudition, et que l’on sait – mais oui, mais oui - fou de poésie, de se rappeler Eluard, et son poème sur les femmes tondues : « Moi mon remords ce fut… » écrivit le grand Paul.
Oui, mais le grand Georges rétorquera qu’à stalinien stalinien et demi et qu’Eluard, lors des procès de Moscou ne s’est pas fait remarquer par sa défense de l’opprimé, de la veuve et de l’orphelin. On se souvient de sa phrase célèbre : « j’ai assez de mal à défendre les innocents qui clament leur innocence etc. ».
N’empêche, c’est Eluard, et on le révère, parce que quand même, « la terre est bleue comme une orange » et que « la courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur »
Et Jojo aussi, finalement, on l’aime bien, quand ainsi il tonitrue, sourire en coin, divin imprécator !

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