20.02.2008

GIROUETTES ET ACROBATES

Et ça continue, encore et encore. Les élections municipales nous font passer, comme dit si bien le Canard, le mur du çon. Il suffit d’être un peu aux aguets, oh, pas beaucoup, mais parcourir la PQR le matin, les pages villages, là sur le territoire des exercices de la guerre picrocholine.
Nul ne doute que parmi les candidats, et ils sont légion, la plupart soient honnêtes, sincères, compétents, disponibles et tout le toutim. Nul ne doute que Platon, Aristote, Périclès, Clisthène accompagnent leurs longues et rudes soirées de labeur, l’hiver, après le temps de l’esclavage salarié, quand les enfants sont couchés, que le film de 21 heures est terminé, que le match de foot sur TF1 ou Canal a pris fin dans le plus total ennui. Nul ne doute, qu’ainsi armés, ils préparent pour leur cité qui n’attendait qu’eux, un avenir radieux.
Mais nul ne doute non plus que dans le lot des putatifs, il y a quelques imbéciles, c’est bien le moins, et ceux-là, on aura toujours toute l’indulgence du monde pour eux, parce qu’on n’est pas bien sûr de ne pas faire partie de leur confrérie,
Quelques aigrefins, aussi, de plus ou moins grande envergure, même si dans nos campagnes, on ne trouve pas l’élite de l’escroquerie que l’on a pu trouver, dans les années 70 et 80, dans quelques grandes villes du Sud ou du Sud Ouest, comme Nice ou Angoulême par exemple.
Et puis,, il y a le menu fretin de la politicaillerie, ceux qui s’immiscent dans des listes pleines de gens de bonne volonté pour …pourquoi, au fait ? Sûrement, un petit peu par vénalité, un petit peu par souci de la gloire, aussi, et, ma foi, sûrement, du pouvoir, même si celui-ci est minuscule ( on connaît la phrase de César – c’est bien lui, non ? - « je préfère être le premier dans mon village que le deuxième à Rome » ). Et qui ont appris la langue de bois à l’ombre des grands fauves qui vont boire, le soir venu, à la buvette de l’Assemblée nationale, voire de l’Assemblée départementale.
Alors, dans la catégorie, il y a des champions. Aujourd’hui, on en citera un, dont la phrase mérite d’être gravée en lettres de plomb dans le florilège de la littérature politique. Mieux qu’Edgar Faure, pourtant un maître indépassable. De la resucée de Giscard, sans vergogne ni fausse pudeur. Dans une belle petite ville du Sud de la France, au pied des Albères, autre enclave paradisiaque où s’affrontent de minuscules diablotins.
La phrase : « On constitue une liste de Droite, mais on a le cœur à gauche ». C’est ce qui s’appelle tirer dans tous les sens, tous azimuts. Ce n’est plus des virages à 180 ou 360 degrés, c’est un mouvement giratoire continu. Enfoncée la girouette de Maître Edgar. Mais c’est normal, dans un pays où le vent règne en maître.
En attendant, un citoyen ordinaire, un républicain sensé, un français moyen, un catalan réfléchi, qu’est-ce qu’il peut penser, de ce genre de discours des Pyramides ? Au mieux, il hausse les épaules, et choisit le bulletin d’une autre liste. Au pire, il enrage contre un tel dévoiement de la politique, de la démocratie et de la sémantique, et il va, selon, à la pêche, à la chasse, au ski ou au casino. Et roule ma poule !

02.02.2008

Versaillais et Guevara

Il y a dans mon village une rue qui porte le nom du sérieux tueur de Paris, de l’assassin des Communards, du fossoyeur de la Commune. Ce sinistre personnage s’appelait THIERS. Il était historien, politicien et ventru. Nul ne doute qu’il fût républicain. Mais certainement pas démocrate, et alors, encore moins communiste. Et pour longtemps si Versailles brille de l’éclat que lui donna le Roi Soleil , « Versaillais ! » sonne comme une insulte. Et plus personne ne s’appelle THIERS. Si. Une rue de mon village. Autrefois, quand le chemin de fer était vraiment un bien public au service de la Nation, et que chaque village avait sa gare, elle s’appelait, la rue, Avenue de la Gare. Maintenant, c’est la rue Thiers. On pourrait aller jusqu’à l’appeler, en ces temps de réaction, « la rue des Versaillais ». Mais non, je sais que dans leur grande sagesse, les édiles, quels qu’ils soient, qui présideront à la destinée de mon si joli petit village auront la bonne aventure de trouver le nom qu’il faut à cette rue, et c’est très simple, il suffit de l’appeler : la RUE DE LA COMMUNE.